Arrest du Conseil du Roi quy deffend aux appoticaires & chirurgiens de la RPR
d’exercer leur art. (15 septembre 1685)

Au lendemain de la révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV le 18 octobre 1685, et même bien avant, une série d’arrêts  est promulguée pour interdire aux protestants l’exercice de certaines professions.
Citons
-          Les sages-femmes le 20 février 1680,
-          Interdiction pour ceux de la RPR d’avoir un apprenti, 13 mai 1681,
-          Les notaires, les huissiers, les procureurs, les sergents, 15 juin 1682,
-          Les libraires, les imprimeurs, 9 juillet 1685,
-          les médecins, le 6 aout 1685,
-          Les clercs, les avocats, les juges, 10 et 11 juillet 1685,
-          Les chirurgiens & apothicaires, 15 septembre 1685.
 
L’arrêt royal d’interdiction concernant les chirurgiens est conservé aux Archives départementales de l’Hérault. C’est un
parchemin  de quatre pages, rangé dans la très volumineuse série C.
Le document a été rédigé à Chambord, il comporte la signature de Louis XIV.

Au coin du feu, dans la ferme à Déaux, au fin fond du Vivarais, on a dû évoquer et maudire longtemps cet arrêt de Louis XIV qui a bousculé toute une vie.
L'interdiction concerne Izaac Déaux. Son père, son grand père et son arrière grand père étaient chirurgiens eux aussi.
A t il obtempéré ?
Pourtant son fils, Jean-Pierre Déaux reprendra le flambeau et sera lui aussi chirurgien.
Une illustre lignée de chirurgiens, sur cinq générations.

JCD, mai 2018

Ci-dessous la transcription le l'acte.

Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre aux Gouverneurs et ses Lieutenans Generaux
en nos provinces, intendants de justice et commissaires départis en icelles et à tous autres officiers qu'il appartiendra, Salut. Voulant que l'arrest, cy attaché, sous le
contre-scel de notre Chancellier cejourd'huy, donné en notre Conseil d'Estat nous y estant, portant déffenses à tous chirurgiens, apoticaires de la Religion prétendue
réformée de faire aucune profession de leur art, sur les peines cy contenues, soit exécuté selon sa forme et teneur, Nous vous mandons et ordonnons par ces présentes
signées de nous, chacun endroit doit (ou soit) d'y tenir la main en sorte que notre intention soit accomplie et ce faire, vous donnons pouvoir, Commission et mandement
spécial, commandons au premier notaire, huissier ou sergent sur ce requis de faire pour l'entière exécution dudit arrest et des ordonnances que vous rendrez en conséquence
tous exploits de signification et autres actes de justice que besoin sera, sans pour ce demander autres permission. Car tel est notre plaisir. Donné à Chambord
le 16e jour de septembre, l'an de Grâce mil six cent quatre vingt cinq de notre règne, le quarante troisième.

Par le Roy,  Louis
Phélyppeaux ( ?)

 

Extrais des Registres du Conseil d’Etat
Sur ce qui a été représenté au Roy
étant en son Conseil, que des Cours supérieures du Royaume
auroient rendu divers Arréts portant défenses à tous
Chirurgiens et Apoticaires, faisant profession de la
Religion prétendue réformée d'exercer leur art, soit par eux
mémes ou par personnes interposées, afin d’empêcher
les mauvais effets que produit la facilité que leurs professions
leur donnent d'aller fréquemment dans toutes les maisons
sous prétexte de visiter les malades et d'empêcher
par là les autres Religionnaires de se convertir à la Religion
Catho1ique. A quoi Sa Majesté voulant pourvoir
Sa Majesté étant en son conseil, a fait
et fait défenses à tous Chirurgiens et Apoticaires
faisant profession de Ia R. P. R. de faire aucun
exercice de leur art par eux ou par personnes interposées
directement ou indirectement soit en louant leurs
Privilèges ou de queIqu’autre manière que ce puisse
Etre, Fait pareillernent défense Sa Majesté à toutes
personnes Catholiques de leur prêter leur nom, le tout
 
à peine de mille livres d‘amende contre chacun des
contrevenans, Enjoint Sa Majesté aux Gouverneurs
et ses Lieutenans Generaux en ses Provinces, Intendans
et Commissaires départis pour l’exécution de ses ordres esdites
Provinces et Généralitez, de tenir la main chacun
à son égard à. l’exacte observation et exécution du
present arrêt. Fait au Conseil d'Etat du Roy, Sa
Majesté y étant, tenu à Chambord le I5ième  jour de
Septembre mil six cent quatre vingt cinq. .
Signé Phélyppeaux (?).
 
 15 Septembre 1685

Arrest du Conseil d’Etat quy déffen aux
Apoticaires et Chirurgicns de la R. P. R. exercer
leur art. 


  (Source : AD34, C159)

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